Mathieu Sanchez

(France)
"Je me définis comme performeur vidéo et vidéo-graphiste, deux voix complémentaires qui nourrissent mon rapport à l’image depuis 15 ans.

J’ai toujours exploré, expérimenté l’image sous toute ses formes (video,pellicule, dessin, graphisme, 3D, temps réel...) et le rapport de ces formes entre elles, en tant qu’elles structurent un sens par leur contenu, mais aussi par le choix de telle ou telle technique utilisée pour exprimer ce contenu.

Dans la même perspective j’ai voulu rapidement initier ou intégrer des projets transversaux, confronter l’image à d’autres médiums (danse, arts plastiques, musiques, poésie....) pour y questionner les différentes sémiotiques liés à ces croisements, quel est le corps d’une image, peux t’elle avoir une masse ?, quels sons dégage elle ?....

Aujourd’hui, je tends à n’utiliser le mélanges des techniques de l’image que pour des projets peu ou pas du tout scéniques, c’est à dire des films, animation ou installation.
Mon activité de performeur se consacre maintenant à essayer de faire émerger l’image, le paysage, le sentiment, une histoire avec des méthodes volontairement très low-tech, voir archaïques, se consacrer dans le temps réel à ,non pas l’utilisation d’une machine, gérant ou générant des images, mais à la manipulation d’objets, de matières, d’éclairages et de caméras, une cinema qui se crée dans le temps de sa fabrication.

Après une licence de physique, puis diplômé de l’ESEC en cinéma et art vidéo, Mathieu Sanchez se voit confier en 1997 par Pierre Bongiovanni, directeur du CICV P.Schaeffer, la conception d’une exposition multimédia internationale.
Son travail vidéo s’inscrit rapidement dans l’espace au travers d’installations, mais la rencontre avec le collectif japonais Dumb Type, marque un tournant dans son utilisation du médium image.
En 2000 il crée avec la chorégraphe Sandrine Bonnet le groupe Le Chiendent avec lequel il va développer un travail vidéo-graphique basé à la fois sur le live (le temps réel), et sur un travail de tournage et post-production 2D-3D.
Plusieurs créations vont voir le jour au gré de collaborations diverses, Patricia Dallio, Géraldine Keller, Uriel Barthélémi, Hélène Barrier , Phil Von des Von Magnet, les chercheurs de sons Kélectrique, la chorégraphe Sophie Daviet, le performeur Didier Caléjas, et c’est dans ce contexte scénique et performatif que l’aspect raw live du travail vidéo de Mathieu Sanchez va définitivement émerger.

vidéaste :
Diverses réalisations, vidéos expérimentales, installations, motion design, clips, jusqu’à récemment “Cellula”( (installation éroto-tricot avec Hélène Barrier), me permettent de continuer à travailler une esthétique à la fois léchée, complexe, sensible et foisonnante, dans la temporalité particulière du “tourné - monté - post-produit”.
Ce n’est pas un cadre scénique ouvert à l’émergence d’une forme nourrie d’improvisations, c’est l’actualisation concrète de projets sculptés dans la matière image quelque qu’elle soit.
L’énergie et le sens sont façonnés en amont, en rupture avec le geste, et donc la présence qui donne à voir.

performeur :
Cela fait maintenant 6 ans que je développe en parallèle un travail centré sur l’utilisation performative et directe de la vidéo, une sorte de cinéma archaïque fabriqué in situ à la vue des spectateurs :
Filmer et retransmettre en temps réel les réactions physiques et chimiques de matières conjuguées à la manipulation d’objets rudimentaires.
Faire apparaître des mondes sensibles, vivants, dramatiques, avec presque rien,
des tableaux extatiques émergeant du noir, ou brûlés dans la lumière, dans lesquels il est question de vie, de mort, de dualité, de désir... le but étant, au fil du temps particulier de la performance, d’expérimenter et de faire émerger des relations poétiques entre soi et ces objets/matières.

Dans ce cadre, la question du corps (du mien en l’occurrence) est devenue importante pour moi, tout d’abord parce que c’est lui qui transmet le mouvement aux objets et aux matières bien sûr mais aussi aux lumières et à la caméra que je manipule , la respiration, la façon de se déplacer, l’énergie que je donne à mes gestes, la fragilité de l’ensemble contribuent à insuffler l’évidente mais presque invisible humanité qui va rendre sensibles ces scènes de matières mortes.
La question du corps se pose aussi en terme scénique, puisque je manipule à vue, en dessous de l’écran, les spectateurs sont souvent attirés par la corrélation entre me voire manipuler et observer le résultat à l’écran.

En terme technique, outre les objets et matières (qu’il m’arrive parfois de récolter sur le lieux dans lequel je vais jouer), j’utilise un video-projecteur et un laptop par lequel passe la vidéo, je la traite dans un logiciel qui me sert à faire légèrement pulser, vibrer l’image (luminosité, chroma...) parfois en fonction du son qu’un musicien envoie ou de bruits que j’émet moi-même.
Mon experience dans la programmation sur Isadora ou Quartz Composer me permet, le cas échéant, de pouvoir jouer ces images avec d’autres, post-produites, d’augmenter l’interactivité avec un(e) musicien(ne), et de construire des interfaces dédiées."

Site Internet :

Quand ?

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De l’oubli…

Dans les dernières séquences de son film "La honte" (1968), Ingmar Bergman fait dire à l’un de ses personnages : "je me souviens que je dois me souvenir de quelque chose d’important mais j’ai oublié quoi". Quelques années plus tôt, Georges Bataille écrivait : « Nous ne pouvons nier que l’humanité présente a égaré le secret (...) de se donner à soi-même un visage où elle pût reconnaître la splendeur qui lui appartient » ("La part maudite", 1949).

et de la trace (...)

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Comme son nom l’indique, le 4ème Opus de la manifestation « d’abord les forêts » mettra en avant la notion de regards.
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(...)

Maison Laurentine
15 rue du moulin
52210 Aubepierre-sur-Aube
Francia

En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de sociétés dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial le plus clair de son patrimoine, jamais, sans doute, il n’a été plus nécessaire de dire, comme font les mythes, qu’un humanisme bien ordonné (...)

Anciennes casernes militaires de Langues
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