Aurèle

Aurèle Ricard dit « Aurèle LostDog », né à Paris le 24 octobre 1963, est un artiste plasticien autodidacte post-industriel français.
Il vit et travaille entre Paris, New York et Shanghai.

Aurèle commence la peinture en 1981. En 1982, il est refusé au concours d’entrée à l’école des Beaux-arts de Paris par César. Aurèle se forme alors seul au gré des rencontres et du hasard. Il trouve dans le mouvement Dada, le Pop Art et l’art des nouveaux réalistes une source d’inspiration. Marcel Duchamp, Tristan Tzara, Andy Warhol, Robert Malaval, Baudelaire, Fernand Léger, Rimbaud, Raymond Hains ou encore Joseph Beuys figurent à son panthéon artistique et poétique. C’est aussi à cette période qu’il découvre, par l’intermédiaire de l’artiste actioniste, Tony Henri Bouilhet1, l’œuvre d’Yves Klein. Fasciné par l’histoire du bleu Klein, Aurèle décide de s’approprier le jaune éclatant du soleil. Dès lors il se met en quête de trouver le moyen de conserver l’intensité lumineuse de l’étoile. En 1985, il met au point le jaune de chrome no 2 qu’il baptise, en hommage à l’International Klein Blue, l’International Aurèle Yellow (IAY). Le brevet de la formule est déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) quatre ans plus tard, en 1989.
En 1986, Aurèle voyage pour la première fois à New York. Là-bas, il vit et travaille avec les Puissances populaires, un groupe de jeunes peintres de rue issu de la figuration libre, qui réunit notamment Fred La Trace et Boredom, devenus respectivement Fred Kleinberg et Mano Solo.
Une nuit, au détour d’une avenue, il découvre une affiche placée au sommet d’un réverbère : c’est un avis de recherche pour un chien perdu, du nom de Bob, offrant cent dollars de récompense à qui le rapporterait à son propriétaire. L’affiche représente le dessin naïf d’un bull terrier encadré par ces mots : « $ 100 Reward for friendly « Bob » the Bull Terrier wanted2 ». Le poster interpelle le jeune plasticien et s’impose rapidement à lui tel un manifeste. Chaque mot contenu dans cette affiche résonne comme un écho à ce qui structure l’existence de l’homme et de la vie sociale : « Il y avait là, explique Aurèle, tous les éléments de notre vie : l’argent, la quête matérielle ou spirituelle selon les individus, l’affectif, la question de la volonté, du choix, du désir, et surtout l’idée de la perte. Ce chien perdu était comme le symbole de l’homme perdu dans les désordres du monde moderne3. »
C’est donc à partir de cette découverte fortuite qu’Aurèle commença sa quête plastique, artistique, sociale et politique faisant de « Bob le chien perdu » à la fois son double et le véritable fil conducteur de son œuvre.
C’est aussi à cette époque où il rencontre Andy Warhol avec qui il envisage un travail artistique autour de l’image du chien : une série de sérigraphies sur le chien perdu. Mais cette collaboration avorte brutalement suite à la mort d’Andy Warhol, le 22 février 1987. Trois jours plus tard, Aurèle expose à Paris à la galerie Duval Dunner, une représentation de l’affiche du « chien perdu » construite à partir de goudron fondu et de morceaux de métal récupérés sur le chantier du Pont Caulaincourt, alors en restauration. L’exposition en devenant le premier hommage public au pionner du pop-art, annonce la fin de l’art industriel, et le « chien perdu en goudron4 » est baptisé la « Première Œuvre d’Art Post-Industrielle ». La même année, à New-York, il nomme et fonde le Service Industriel du Dollar Artistique (S.I.D.A) et créé la revue Polazine.
En 1988, Aurèle quitte momentanément Paris pour s’installer au moulin de la Caze dans l’Aveyron à Naussac où il crée la fondation I.A.C (Information Antécédent Comportement) (International Aurèle Corporation) : un espace de création et d’exposition en art contemporain. Là-bas, il travaille, entre autres, à la série « S.P.A » (Symbole Pirate Ajouté - Sans Parler des Autres - Sans Prétention Aucune - Saga Protectrice de l’Art) qui montre le parcours du chien Bob, perdu dans l’œuvre des grands de l’histoire de l’art contemporain (Arman, Marcel Duchamp, Raymond Hains, Yves Klein, Bertrand Lavier, Andy Warhol...).
En 1989, la galerie Lara Vincy l’invite à exposer la série S.P.A à Paris. Cette série donnera lieu à un ouvrage intitulé SPA réalisé sur une initiative du critique d’art Pierre Restany rencontré quelques années plus tôt5. Toujours en 1989, Aurèle se lie d’amitié avec Jacques Villeglé qui le met en relation avec la galeriste belge Sabine Wachters chez qui il expose, un an plus tard, une rétrospective qui couvre deux années (1986-1989) de sa production sur l’image du chien Bob. Parallèlement, il participe à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger.
En 1991, il est invité à présenter ses œuvres chez le célèbre marchand d’art et galeriste américain Léo Castelli. Le 22 février de la même année, à Paris, en hommage à Andy Warhol et à Yves Klein, il illumine de jaune l’obélisque de la Concorde en disposant des feuilles de gélatines colorées devant les projecteurs qui entourent le monument. Cette performance donne lieu à un film, Yellow Obélisque, réalisé par l’artiste Yuris Lesnik. C’est aussi à cette époque qu’il commence une collaboration régulière avec la styliste, Agnès b. : fort du succès de l’exposition « Think or Thanks a lot » présentée à la galerie du jour en 1995, Agnès b. lui propose de prolonger l’exposition dans sa galerie tokyoïte, la B. Yourself Gallery. L’année suivante, Aurèle se rend pour la première fois au Japon où il présente « Plein Soleil ». L’exposition devient itinérante et s’enrichit de nouvelles pièces réalisées en direct. Cette expérience donnera lieu à l’exposition « Aurèle » au Musée d’art moderne (MOMA) de Fukuoka (1997).
C’est aussi à cette période qu’Aurèle est invité au château de Bionnay, par le curator Morgane Rousseau et y residera une année ensuite il découvre l’Inde. Il crée en 1996, à Goa, un hôtel qu’il baptise le Ninon de la Caze Hermitage, et lance la construction avec Petr Kavan, d’un atelier de sculptures au sud de l’Inde, à Mamallapuram, dans l’État de Tamil Nadu. L’atelier est mis en fonction en 1998 : une dizaine de personne y travaille en permanence la fameuse pierre de granit bleu. L’année suivante, Aurèle réalise une sculpture monumentale Jungle Big Heart pour l’école des beaux-arts d’Auroville.
En 1999, lors d’un voyage à New York, Aurèle fait la connaissance de la photographe américaine Nancy Goldin, dite « Nan Goldin », chez qui il s’installe et travaille avec sa compagne de l’époque Joana Preiss. Le fruit de cette collaboration triangulaire donne naissance au film La Ballade de l’Amour présenté pour la première fois lors de l’exposition « Dire Aids » au musée d’art moderne de Turin (2000).
En mai 2005, Aurèle participe à la foire internationale d’art contemporain de Shanghai. Il fait la connaissance de Pia Pierre, directrice et proprietaire de la galerie Hong Merchant, qui, suite à l’enthousiasme du public chinois, l’invite à exposer à la seconde session de la foire, en automne. Entre-temps, Aurèle participe à l’exposition collective « Two Europe Two Asia » au musée d’art contemporain de Duolan de Shanghai. La même année, en France, avec la galerie Lara Vincy, il expose à la Fiac de Paris ; il organise une exposition personnelle « LoveLoveLove » à l’espace Michel Klein (Rive Gauche) et participe à deux expositions collectives : « Yo to be Gitan » avec Fred Sathal au Palais de Tokyo (Paris) et « Animalités » au musée des Arts Georges Pompidou de Cajarc (MAGP). Toujours en 2005, Aurèle fonde les éditions I.A.C (Information Antécédent Comportement), et réalise six chiens en bronze laqués du jaune de chrome no 2 (IAY) dans le cadre d’une commande publique initiée par le musée des Beaux-Arts Denys-Puech de Rodez.
En 2006, outre sa participation à plusieurs expositions collectives, l’artiste expose dans trois foires d’art contemporain internationales (Art Paris, Art first de Bologne, Art Fair de Shanghai) ainsi qu’à la biennale de sculpture urbaine de Shanghai, ville dans laquelle il décide, la même année, d’établir un atelier.
photographie prise lors de l’exposition d’Aurèle à Art Paris au Grand Palais en 2006 Paris

The yellow LostDog d’Aurèle à Art Paris, Grand Palais, 2006
En 2007, en vue de l’exposition universelle (Shanghai, 2010), Aurèle et l’architecte français François Scali présentent le projet atypique d’élever, dans le quartier moderne de Pudong de Shanghai, le chien perdu à l’échelle d’une tour de 80 mètres de haut en résine translucide et lumineuse. « The Yellow LostDog » abriterait un parcours-musée (le LostDogMuseum) ayant pour double vocation de prévenir et d’informer en conservant tout ce que l’homme détruit, perd et a déjà perdu dans sa course effrénée à la modernité : un musée « de la ville perdue et des cités englouties ». L’ambitieuse proposition (4 300 m2 de surface sur huit niveaux) est restée à l’état d’étude.
En 2009, Aurèle est invité par l’État français et de la COFRES (Compagnie Française pour l’Exposition universelle de Shanghai) à participer à l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai (« Meilleure ville, meilleure vie ») sur le thème du développement durable et des « nouvelles » technologies de l’environnement en milieu urbain. Pour l’occasion, il crée, à l’aide d’ingénieurs chinois, une sculpture végétale géante : un chien de 4,5 mètres de haut recouvert d’une sélection de plantes dépolluantes (LostDogCo2). « C’est une sculpture de verdure faite de plantes dépolluantes, explique Aurèle. C’est aussi le prototype d’une nouvelle génération d’œuvres d’art actrices de leur propre message6. » Parallèlement, le gouvernement chinois et la ville de Shanghai lui remettent, cette année-là, le prix du sculpteur de l’année à la Art Fair de Shanghai.
En 2010, la sculpture d’Aurèle - le LostDogCo2 - a été présentée du 1er mai au 31 octobre à l’Exposition universelle de Shanghai dans l’atrium du Pavillon français7 au côté des œuvres des trois autres artistes8 retenus pour représenter la France à l’exposition (Zao Wou-Ki, Yan Pei-Ming, Chen Zhen).
photographie prise lors de l’exposition universelle de Shanghai en 2010 représentant Aurèle et The LostDogCO2, une sculpture en plantes dépolluantes présentée au pavillon français

Aurèle et The LostDogCO2, sculpture en plantes dépolluantes présentée au pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghai, Chine, 2010
La même année, l’artiste ouvre une LostDog Gallery9 dans le lieu Le Passage, un important complexe situé au cœur de la ville de Shanghai dans le quartier des arts de Moganshan.

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Quand ?

De l’oubli…

Dans les dernières séquences de son film "La honte" (1968), Ingmar Bergman fait dire à l’un de ses personnages : "je me souviens que je dois me souvenir de quelque chose d’important mais j’ai oublié quoi". Quelques années plus tôt, Georges Bataille écrivait : « Nous ne pouvons nier que l’humanité présente a égaré le secret (...) de se donner à soi-même un visage où elle pût reconnaître la splendeur qui lui appartient » ("La part maudite", 1949).

et de la trace (...)