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La Maison Laurentine participe à cet événement avec une conférence / performance de Pierre Bongiovanni et I-Wei Li (Sidebysidestudio de Berlin).

Jouir sans entraves.
- vendredi 1 octobre 2010 à 23h
Lors de cette performance (en français et anglais) nous montrerons les liens qui relient les points cardinaux du contrôle social et politique qui s’exerce désormais sur tous et sur chacun. La police, la mafia, l’armée, les médias, constituent des entités cohérences, aux compétences complémentaires, notamment dans les domaines de la recherche, de l’innovation et de l’utilisation des technologies de communication électronique.
Nous montrerons également, à l’aide d’exemples concrets, réels ou inventés, comment les artistes et les opérateurs culturels sont devenus les puissants et complaisants complices de toutes les nouvelles forment de servitudes et de domination dont le capitalisme culturel a besoin pour jouir sans entraves.

Squirt Without Barriers
Squirt Without Barriers will unpack the links that connect the cardinal points of social and political control exerted now on each and everyone. The police, the mafia, the military, and the media are consistent entities with complementary skills, particularly in the areas of research, innovation and use of electronic communication technologies. Further, by using concrete examples, real or fictional, we demonstrate how artists and cultural operators today have become new forms of complacent and complicit servitude and domination through mighty deployment of cultural capitalism.
Squirt Without Barriers will be performed in both English and French

POLITIQUE 0

1-2-3 octobre 2010

Espace Niemeyer, Paris

Conférences / performances

- Franco Bifo Berardi,
- Luc Boltanski,
- Roland Cayrol,
- Yves Citton,
- Ivana Dragsic,
- Dominic Gagnon,
- Sophie Gosselin et David G Bartoli,
- Jodi,
- Katharina Klotz,
- I-Wei Li et Pierre Bongiovanni,
- Matteo Lucchetti,
- Jean-Marc Manach,
- Anne Morelli,
- Antoni Muntadas et Marshall Reese,
- Fédéric Neyrat,
- Béatrice Rettig,
- Timothée Nay et Omnes
- Efflam,
- Société Réaliste,
- Samon Takahashi,
- Tzuchien Tho,
- UBERMORGEN,
- Olivier Voirol,
- Paul Willemsen,
- Wunderlitzer.
- Stream sur selfworld.net chambre #44.

Installations / vidéos / atelier / documentation de

- Benoît Durandin et Alexandre Xanthakis,
- Dominic Gagnon,
- Harun Farocki et Andrei Ujica,
- Jodi,
- Jorge Luis Marzo et Arturo “Fito” Rodríguez,
- Ricardo Mbarkho,
- Antoni Muntadas et Marshall Reese,
- Société Réaliste,
- Le Dispositif (Pacôme Thiellement et Thomas Bertay),
- Samon Takahashi,
- UBERMORGEN,
- sélection Argos : Charley Case, Tzu Nyen Ho, Gert Verhoeven.

http://incident.net/theupgrade/politique0/

Politique Zéro est organisé par Upgrade ! Paris, les éditions MF et RYBN.ORG

Espace Niemeyer - siège du Parti Communiste Français
- 2, Place du Colonel Fabien - 75019 Paris
- M° Colonel Fabien
- Entrée libre.

Horaires d’ouverture :
- vendredi 1 : 18h-minuit
- samedi 2 : 10h-minuit
- dimanche 3 : 10h-20h

la performance de I-Wei Li & Pierre Bongiovanni

vidéo du streaming réalisé par Ivan Chabanaud
(son correct, images de mauvaises qualité)
http://www.selfworld.net/
http://www.selfworld.net/chambre.swf?id=44

IMG/flv/politique0-pb-i-wei.flv

Version française

Jouir sans entraves

Nous allons montrer pourquoi, en tant qu’artistes et créateurs, nous devons soutenir et accompagner, les actions innovantes imaginées par la police, l’armée ou la mafia.

Et pourquoi, nous les artistes, sommes les agents zélés et fiables par lequel le capitalisme peut désormais jouir sans entraves.

Nous le pouvons d’autant plus d’ailleurs que les horizons politiques se sont disqualifiés, effondrés les uns après les autres pour se transformer en attractions de foire, comme en témoigne d’ailleurs notre présence à cette tribune ce soir (le siège du PCF, place du Colonel Fabien, à Paris).

Et l’effondrement du politique ouvre enfin largement de nouvelles voies pour l’expérimentation et la recherche, car le monde estt enfin débarrassé de tous les carcans, y compris de ceux de la morale et du droit.

Nous devons saisir ces opportunités parce que nous sommes artistes et que cela nous donne des responsabilités particulières : nous connaissons l’actualité, nous avons la conscience des mutations du monde, nous connaissons les enjeux et les challenges et surtout nous avons lu et compris les grands textes philosophiques, économiques, politiques, initiatiques, nous avons assimilé les grandes leçons artistiques des siècles précédents.

Nous le pouvons parce que nous sommes expérimentés et infatigables quand il s’agit de monnayer nos exigences avec les pouvoirs en place, et même si nous sommes prêts à vendre notre peau pour des clopinettes, nous clamons haut et fort les exigences de la création.

D’ailleurs nous ne sommes pas seuls, nous les artistes, à dire que nous avons un rôle essentiel à jouer pour l’édification des mondes futurs. Un économiste aussi célèbre, américain et respectable que Jéremy Rifkins ne dit rien d’autre quand il affirme que le déploiement du capitalisme culturel a besoin des artistes pour inventer les futurs marchés qui assureront sa croissance et sa splendeur.

Le capitalisme culturel, implique la production et la consommation de symboles ; il remplace progressivement les formes antérieures du capitalisme, le capitalisme industriel (qui implique la production et la consommation de stocks), comme le capitalisme financier (qui implique la production et la circulation continue de flux).

D’ailleurs ceci n’est pas nouveau. Ceux qui ont un peu de mémoire se rappelle sans doute qu’il y a encore quelques années 1970 la firme Rank Xerox, finançait à grand frais un laboratoire de recherche (le Xerox Palo Alto Research Center en Californie) au sein duquel artistes, ingénieurs et intellectuels pouvaient, chercher, expérimenter et innover en toute liberté, avec des budgets illimités. De ces années fécondes sont sorties les avancées les plus fécondes reprises et développées ensuite par le MIT de Boston. Nouvelles applications, nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveaux comportements, nouvelle civilisation pourrait-on dire, sont donc directement le fruit de ces noces fructueuses entre créatifs et capitalisme technologique.

Cette belle tradition perdure d’ailleurs aujourd’hui avec les étroites collaborations entre le DARPA (laboratoire de recherche de l’armée américaine) et les meilleurs équipes universitaires, lesquelles bénéficient ainsi d’énormes budgets de recherche pour travailler aux nouveaux chantiers de l’armée du futur : comment comprendre, contrôler et manipuler les émotions, comment imaginer des armes de destruction massive de nouvelle génération fonctionnant grâce aux nouvelles avancées nées de la compréhension des mécanismes du cerveau. Sciences cognitives et désir de domination permettront ainsi l’émergence de guerres informationnelles permettant de détruire le cerveau des peuples ennemis en les saturant d’informations jusqu’à ce qu’ils cèdent. Puisque si, grâce à la science, je sais comment fonctionne un cerveau, alors je sais aussi comment faire pour le détruire.

Sur le plan artistique on peut désormais créer, grâce aux connaissances de l’armée et des laboratoires de recherche universitaire, des oeuvres d’media bombes (par exemple des nuages informationnels se déplaçant au dessus des pays et des populations) agissant directement sur le mental et les émotions des populations. Cela ouvre des perspectives inouïes pour disséminer de façon parfaitement égalitaire les nouvelles formes de beauté.

Ce qui fut possible avec les bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagazaki (car, certains s’en souviennent peut-être, ces événements ont vraiment réellement existés) le sera aussi bientôt avec les mediabombes. Alors il est légitime que nous aussi les artistes puissions expérimenter et créer avec ces nouveaux outils.

Des artistes ambitieux qui ont su se hisser à la hauteur des enjeux de leur époque il y en a eu et il y en aura encore.Que l’on se rappelle par exemple la fantastique opération montée par le génial Orson Welles, lorsque à peine âgé de 23 ans (23 ans !!!), il annonce à la radio américaine, le 30 octobre 1938, une invasion d’extra-terrestres.

Il est vrai que nous attendons encore des actions artistiques de cette puissance dans le domaine des médias électroniques. Que l’on se rappelle aussi le rôle dramatique de « Radio mille collines » dans les massacres au Rwanda. Ce qui est possible pour le pire, devrait être également possible pour le meilleur, et le meilleur c’est nous les artistes qui l’avons en charge. A nous d’inventer des oeuvres d’art qui utilisent les technologies climatiques et médiatiques pour enchanter les territoires.

Les alliances fécondes entre armée et laboratoires universitaires devraient, naturellement et logiquement, si l’on suit les analyses de Jéremy Rifkins, se déployer maintenant par des alliances entre recherche militaire et expérimentation artistique. Cela nous permettrait d’accéder à des moyens nouveaux, à des connaissances nouvelles, cela permettrait également de rapprocher armée et population d’une part mais également art et population.

En introduction nous avons dit, en tant qu’artistes et créateurs, que nous devions, avec le soutien des médias, soutenir et accompagner les actions innovantes imaginées par la police, l’armée ou la mafia. Ces quatre systèmes de pouvoir et d’organisation ont en effet des caractéristiques communes :

- 1°) ils mobilisent de l’intelligence et de la connaissance,
- 2°) ils promeuvent l’innovation et la recherche, car innovation et recherche assurent les conditions de leur survie,
- 3°) ils sont des précurseurs en matière de veille technologique, et sont donc toujours parfaitement informés des évolutions, des innovations et des mutations,
- 4°) ils sont également des précurseurs en matière de protection des données, de cryptage, de surveillance et de haking
- 5°) enfin ils ont une culture du secret qui leur permet de jouir de l’expérimentation en toute quiétude et à l’abri des menées des groupes de pression, des lobbys et de tous ceux dont la seule ambition semble être de vouloir retarder le progrès et l’innovation.

Ces systèmes de pouvoir constituent , d’une certaine manière, les matrices numérisées et exemplaires des stratégies de conquête et de domination du futur. Regardons maintenant ce qui se passe du côté de la police. Pour la police, comme pour les artistes d’ailleurs, la déferlante des réseaux sociaux constituent une des meilleures nouvelles de ces dernières décennies. Qu’il s’agisse de facebook ou de twitter nous disposons désormais de puissants outils d’observation, de compréhension et de contrôle des populations. Imaginons comment il devient possible désormais de mettre en place des systèmes de délation massive. C’est facile, gratuit, à la portée de toute personne disposant d’un accès internet et presque sans aucun risque.

Les inventeurs de l’internet (l’armée américaine) et du gps (l’armée américaine), du téléphone portable, nous ont donné des possibilités inconnues jusqu’à ce jour, d’organiser le traking des émotions, des gestes, des humeurs, de géo-localiser les mouvements d’opinion, de prévoir et d’anticiper les mouvements de foule, d’orienter le jugement, voire de convaincre avec élégance, de contraindre en douceur et d’asservir en commençant bien entendu par les « amis ».

Le règne de l’autosurveillance généralisée, c’est à dire de la vraie démocratie participative est enfin arrivé ; chacun, même le plus humble devient un prescripteur potentiel, un fournisseur de contenu, et chacun participe ainsi à sa manière à la réorganisation du monde sur des bases de transparence et de consumérisme informationnel. Ce que la consommation massive d’anxiolytiques chimiques n’a pas réussi, ce que les somnifères télévisuels n’ont pas réussi, à savoir la domestication totale et définitive des individus, les réseaux sociaux font le réaliser. Essayons maintenant d’imaginer ce qu’un Orson Welles des réseaux sociaux pourrait inventer aujourd’hui !

Nous appellons de nos voeux des projets artistiques nouveaux, des audaces créatives nouvelles, des révolutions cybernétiques de grande ampleur, et pour se faire nous devons nous rapprocher des centres les mieux pourvus et les mieux informés, qu’il s’agisse de l’armée mais aussi de la police.

La police et les officines informatiques spécialisées savent déjà tout de nos états d’âme grâce aux palpeurs des courriers électroniques : imaginons ce que des artistes inventifs pourraient faire avec de telles trouvailles dans l’espace public comme dans la sphère privée !

Il y a quelques années déjà l’immense Jasper Johns, répondant à une question d’une critique d’art, pointait le rôle de la Mafia dans l’explosion des prix des oeuvres de l’art contemporain. D’autres artistes ont repéré cela et l’on aussi signalé (Picasso, Hans Haake, etc). Nous connaissons le rôle du marché de l’art dans les dynamiques de blanchiment de l’argent de la drogue. Nous connaissons les relations entre les milieux mafieux et les milieux artistiques. Outre qu’ils consomment les drogues fabriquées par les premiers, les seconds copient aussi leur mode d’organisation. Tout cela est ancien, connu et parfaitement respecté.

D’ailleurs des artistes proposent désormais d’aller encore plus loin. Le collectif international d’artiste connu sous le nom de ARTOUT propose désormais de généraliser les nouvelles techniques de prostitution de la mafia russe via internet (vous choisissez votre escort-artist sur le site web, vous payez en ligne de manière discrète et sécurisée, vous laissez vos commentaires sur les qualités et performances de l’escort-artist). Les artistes de ARTOUT, se propose à la location comme des escorts artistiques. Ces artistes d’avant-gardes ont déjà tout compris et, sans complexe, n’hésitent plus désormais à faire connaître leurs travaux et à gagner leur vie en adoptant les modèles de la prostitution mafieuse. Ils ouvrent ainsi la voie à de nouvelles avancées pour la production artistique et la diffusion des oeuvres.

Cette question de la prostitution des artistes a commencé en douceur avec les serveurs vidéo qui connaissent un succès foudroyant et deviennent des enjeux économiques colossaux : les artistes rejoignent massivement ces réseaux pour diffuser leurs films en acceptant de perdre pour cela la totalité de leurs droits moraux et artistiques. Cette nouvelle et moderne posture de l’artiste qui devient ainsi fournisseur bénévole de contenus au bénéfice des entreprises qui les diffusent.

Les mauvais coucheurs diront que le souci de notoriété passagère l’emporte sur celui de l’intégrité des oeuvres et que les artistes qui acceptent cela acceptent du coup que leurs travaux entrent dans la grand flux des datas dans lequel ils se perdent et se noient de façon indifférenciée. Foutaises.

D’ailleurs la morale de l’histoire est délivrée par la multinationale de l’art Guggenheim (New-York, Venise, Bilbao, Berlin, Abu Dhabi) avec sa biennale résultant d’un accord avec « You Tube », « HP » et « intel » pour l’organisation de la Biennale de la création vidéo.

Une biennale d’art dans laquelle sont diffusées des oeuvres pour lesquelles les droits n’appartiennent plus aux artistes, réglant ainsi définitivement les questions désuètes et déplacées des droits d’auteur et de la propriété artistique.

Il nous resterait à étudier maintenant le rôle des medias, mais le temps manque.

Aussi nous vous proposons de terminer par une proposition d’action collective et réjouissante : une « standing ovation » dédiée au capitalisme culturel afin qu’il puisse, en tous temps et en tous lieux, se déployer et jouir sans entraves et pour célébrer ensemble les noces nouvelles entre les artistes la police, l’armée, la mafia et les medias.

Voici le manifeste de la standing ovation :

- étant donnée la disparition des partis politiques
- étant donnée la disparition de la lutte de classes
- étant donnée la dissolution des radicalités artistiques dans la sphère du divertissement
- étant donnée l’obsolescence des formes d’action collective
- étant donnée la disqualification de toutes les théories passées et en cours
- étant donné l’omniprésence du cynisme sentimental et de son contraire, la mièvrerie romantique
- étant donné la fin des grands récits et de leurs utopies
- étant donné la domination du nihilisme
- étant donné l’absence de pensée philosophique
- étant donné l’absence de pensée tout court
- étant donné l’unique quête du profit à tout prix
- étant donné la victoire chaque jour plus totale du fétichisme de la marchandise
- étant donné la compassion infinie que nous entretenons avec nos propres tourments
- étant la bêtise, et son corrollaire : l’arrogance, des contremaîtres de la création artistique

nous affirmons qu’il reste une forme encore provisoirement possible d’intervention dans l’espace public, d’initiative totalement individuelle qui consiste à manifester, sobrement, son accord ou son désaccord, ce qui est exactement la même chose, avec tel ou tel événement de l’actualité, tel ou tel comportement des hommes politiques, telle ou telle décision de l’administration, tel ou tel fait de communication, de culture ou d’art, en se rendant sur le lieu symbolique de cet événement avec pour tout appareillage un petit banc d’environ 30 cm de hauteur sur lequel une seule personne peut se hisser pour se livrer à la Standing Ovation.

La Standing Ovation est un geste discret, radical, peu gourmand en logistique, pouvant se pratiquer n’importe ou, et auquel peuvent se rallier une, dix, cent ou mille personnes.

La Standing Ovation ne procède pas par mots d’ordre, aucun slogan n’est clamé, aucune analyse n’est proposée, aucune direction n’est indiquée, aucun objectif n’est défini.

La Standing Ovation est une forme de désespérance joyeuse, peu bruyante, peu contraignante, qui échappe à toute forme de contrôle, de récupération, de détournement, de répression.

La Standing Ovation, et ce n’est pas sa moindre qualité, n’ a par ailleurs aucune chance de se prévaloir d’une forme quelconque d’efficacité.

La Standing Ovation est un geste moderne, mais de cela aussi on s’en fout.

Quelques recommandations pour pratiquer la Standing Ovation :
- une tenue ordinaire, ni élégante, ni négligée, ni excentrique,
- une posture humble, sereine, sans passion, sans ardeur,
- on sera attentif à l’environnement autour de soi mais sans affectation,
- les applaudissements, pratiqués de façon conventionnelle, régulièrement sans précipitation pourront avoir une durée de 3mn ou plus,
- à la question "que faite-vous là ?", on répondra simplement : "j’applaudis", par exemple la politique du Ministère de la Culture, l’oeuvre de Jeff Koons, ou tout autre événement sans importance.

Version anglaise

Squirt without Barriers

We will show why, as artists and creators, we must support and accompany the innovative actions imagined by the police, the military or the mafia.

Why, we artists are hardworking and reliable agents by which capitalism can now enjoy our labour without hindrance.

We, artists, now can do even more since the political landscape has collapsed, neither the left nor the right wings is trusted. One after another politic today has become circus attractions. Our presence at this forum tonight, in the headquarter of Party Communist de France is the ultimate confirmation.

And the collapse of politics finally opens wide new avenues for experimentation and research, because the world is finally without barriers, including those of morality and law.

We must seize these opportunities because we, artists, have special responsibilities : we know the news, we are conscious of the world changes, we are aware of the issues and challenges and above all, we have read and understood the great philosophical texts on economic, politic, and innovation. Furthermore, we have mastered the craftsmanship of art production of previous centuries.

We, artists, are able because we are experienced and tireless when it comes to negotiate our demand with the authorities and even if we are ready to sell our skin for peanuts, we proclaim loudly the conditions of creation.

Moreover, we are not alone. We, artists, have a vital role to play for the creation of future world. Respectable American economist, Jeremy Rifkin, advocates clearly that the deployment of cultural capitalism needs artist to invent the future markets in order to ensure its growth and glory.

Cultural capitalism implies the production through the use of symbols ; it is gradually replacing previous forms of capitalism. Industrial capitalism which involves the production and consumption of inventory where as for financial capitalism, it involves the continuous circulation of number streaming.

For those who remember will recall that in 1970, Rank Xerox firm financed at great expense a research laboratory, known as the Xerox Palo Alto Research Center in California, where artists, engineers and intellectuals could search, innovate and experiment freely with unlimited budgets. From these fruitful years came out the most advanced production and then further developed by MIT in Boston. New applications, new products, new markets, new behaviors, new civilization, one might say, are directly the result of these successful marriages between capitalism and creative artists.

This fine tradition continues today with the addition of DARPA research laboratory, a close collaboration between U.S. Army and the best universities in the world, which has huge budget and focus its research in biotechnological advancement : how to understand, control and manipulate emotions, how to devise weapons of mass destruction next-generation operating with new developments arising from the understanding of brain mechanisms. Cognitive science and desire for domination will allow the emergence of the information war to destroy the human brains by saturating the enemy with information overload until they become desensitized. The logic is simple, in order to destroy, one needs to know how it functions first.

On the artistic side, through the knowledge of military and university research labs on media bombs, we artists can create ‘informational clouds’ hovering over the country and people, affecting directly on their mind and emotions. This opens up incredible opportunities for disseminating a perfect egalitarian pattern of beauty.

This is only made possible with the atomic bombs dropped on Hiroshima and Nagasaki (as some may remember, these events did actually exist) so the ‘informational clouds’ will not be too far. While the media-bombs are legitimate, we, artists, should also experimente and create with these new tools.

There have been ambitious artists who have managed to face up to the challenges of their time and for sure, more will come. For example, the fantastic operation mounted by Orson Welles at age 23, (23 !!!). On October 30, 1938, he announced on the American radio the factious invasion of extraterrisals.

It is true that we are still waiting for the power of artistic actions in the field of electronic media. What we remember is also the dramatic role of ‘Radio Mille Collines’ in the Rwanda massacres. What is possible for the worst, should also be possible for the best. To create the best is a special responsibility for us, artists should invent artworks using media bomb technology like Disney to transform these territories with delight.

Fruitful alliances between the military and university laboratories seems so natural and logical. If one follows the analysis of Jeremy Rifkin, it will soon be deployed between military research and artistic experimentation. This would allow us, artists, to access new resources and knowledge. On one hand, it will bring the military and civilians together but also the art and people closer.

In the introduction we said, we, artists and creators, with the support of mass media, we sustain innovative actions imagined by the police, the military, or the mafia. These four systems of power and organization have common features indeed :
- 1) they mobilize the intelligence and knowledge,
- 2) They promote innovation and research to enhance the conditions for their survival,
- 3) They are pioneers in technology and therefore, they are always fully informed of new developments and innovations,
- 4) They are also pioneers in the field of data protection, encryption, and surveillance.
- 5) finally, they have a culture of secrecy that allows them to enjoy experimentation in peace and free of demoncratic oppositions. Because the primary result of the democratic discourse today seems to delay of any innovative progress infinitely.

These systems somehow demonstrate the matrix and strategies of conquest and domination of the future. Now look what’s going on with the police. For the police, as with artists from elsewhere, the rising of social networks is one of the best news in recent decades. Whether it’s the facebook or twitter we now have powerful surviellance tools for observing, understanding and controlling populations through their voluntary disclosure. Imagine how it is now possible to set up systems for massive betrayal. It’s easy, free, accessible to anyone with Internet access and almost no risk.

The inventors of the Internet and GPS, by no coincidence are the U.S. military. Together with mobile phones, telecommunication today gives us the opportunities to track emotions, gestures, and mood swings, to geo-locate the opinions and to predict the movements of the crowds. All these elegant persuasions have a smooth starting point, by our so-called, virtual "friends”.

The reign of Big Brother has finally arrived, it is now transformed via a true participatory democracy. Everyone, even the humblest becomes a potential prescriber and content provider. Everyone participates in its own way in the reorganization of the world on the basis of informational transparency and consumerism. What the massive consumption of hyperactive chemicals failed, what television hypnosis failed, namely the complete and final domestication of individuals, social networks are realizing it ! Now, try to imagine what Orson Welles would invent with social networks today !

Not long ago, Jasper Johns, pointed the role of mafia in the explosion of prices for contemporary art. Other artists have spotted this and are also reported (Picasso, Hans Haake, etc.). We know the role of the art market in the dynamics of money laundering. We know the relationship between the mafia and the art community. In addition to consuming the drugs manufactured by the former, the latter also copy their mode of organization. All this is old, well known and well respected. Besides, artists are now offering to go even further. ARTOUT, The international collective of artists propose to operate similar services like the Russian mafia prostitution via the Internet (you choose your escort artist on the website, you pay online discreetly and securely, you leave your comments about the qualities and performance of the escort artist).

ARTOUT Artists, intends to be hired as artist escorts to sell their artistic being as the ultimate art product. These avant-garde artists understand perfectly the logic of cultural capitalism, without emotional conflicts, they adopt the models of mafia prostitution as an alternative economic model for contemporary cultural workers. They open the way to further advance the production and dissemination of artistic works.

This issue of art prostitution began smoothly with the video servers such as YouTube, MySpace that are currently experiencing a massive success and becoming huge economic stakeholders. Artists join these massive networks to distribute their films by losing once for all their copyrights. This new and modern attitude of artists, proudly declares themselves as free artistic content suppliers benefits only the broadcasting channels.

The pessimistic says that the desire for reputation outweighs the artistic integrity. Artists who are willing to accept the coup that their work falls in the mainstream media in which they get lost and drown in indiscriminately. Bullshit. Besides copyright, the story is now delivered by the multinational art institution, the Guggenheim (New York, Venice, Bilbao, Berlin, Abu Dhabi) with its Biennial resulting from an agreement with "You Tube", "HP" and "Intel" for the organization of the Biennale’s video creation.

An art biennial in which published artworks for which copyrights no longer belong to the artists, thereby addressing the issues of copyright and artistic property as obsolete.

Now, we suggest to end our presentation with a proposal for collective action and pleasure : a standing ovation dedicated to cultural capitalism so that it can manifest at all times and in all places. For cultural capitalism to squirt without barriers and to celebrate newly wedded artists with the police, the military, the mafia and the media.

Here is the manifesto of the standing ovation : given the disappearance of political parties given the disappearance of class struggle given the disillution of radicalism in the artistic sphere of Entertainment given the obsolescence of collective action given the disqualification of all past and current theories

We affirm that it is still possible to temporarily intervene in the public space. We propose a manifestation with private individuals, simply in agreement or disagreement with any particular news event, any particular behavior of politicians, any particular consumer decision, any particular cultural or artistic administration, by visiting the symbolic place with any apparatus for a small bench about 30 cm high in which only one person can rise to engage in the Standing Ovation.

The Standing Ovation is a radical and greeting gesture that can be practiced anywhere, and that can bring one, ten, hundred or thousand people together.

The Standing Ovation is a form of joyful despair, low noise, little binding, which defies any form of control, recovery, diversion, or suppression.

The Standing Ovation is neither superior nor inferior, consequently, has opportunity to receive immediate form of efficiency.

The Standing Ovation is a modern approach, but also that we do not care.

- A regular place, not elegant, not neglected, or eccentric,
- A humble posture, serene, without passion, definitely without passion,
- We will be attentive to the environment around but without affectation,
- Applause, conventionally practiced regularly without precipitation will have a duration of 3 minutes or more,
- To the question "What are you doing ?" It will be answered simply : "I applaud." For example, I applaud to the policy of the Ministry of Culture, the work of Jeff Koons, or any irrelevant events.

Documents joints